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cabinet de curiosites

 



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PORTE-pEAU et AXXA (2015)
Porte-peau et axxa l'installation
2007
Resin, acrylic, hair
L. 35 cm
Reliquaire Porte-peau

https://vimeo.com/104920255

extrait : préface de L'extraordinaire histoire d'un Porte-Peau. marie Deparis-Yafil

L'histoire du Porte-peau, de sa vie et de sa mise à mort, pose naturellement la question récurrente, et aux réponses diverses, du statut de l'oeuvre d'art et notamment celle du principe de l'oeuvre d'art contemporain comme processus et non plus comme "objet", ou produit. Produit qui peut, finalement, n'être plus que ruine, miettes dans un bocal baroquement ornementé dans le coin d'un atelier, mais cela importe peu alors si ilexiste, de sa genèse à sa destruction même, comme processus intellectuel et créatif et non plus comme un objet spécifique. Mais si cela s'entend aisément lorsqu'il s'agit d'un "ready-made" – Duchamp ne disait-il pas que "la réplique d'un ready-made transmet le même message"?- cela parait moins évident pour un objet aussi particulier que le Porte-peau...

C'est qu' il y a bien, aussi, une différence, ontologique et politique, entre la destruction d'une oeuvre par un tiers vandale, et la destruction d'une oeuvre par l'artiste lui-même, comme en témoigne la double expérience de Jean-Pierre Raynaud, qui, en  1993, décide de démolir devant les caméras l'oeuvre "la Maison", qu'il avait érigée en 1969, mais devient en 2015 victime de la liquidation par la Ville de Québec de son "Dialogue avec l'Histoire" (1987).

Alors peut-être le happening de destruction de l'oeuvre organisée par Corine Borgnet dans son atelier – happening qui sera aussi l'objet d'une vidéo, elle-même prolongement d'une relique, dans une autre exposition**- soulève une interrogation non résolue à propos de la sacralisation, de la fétichisation de l'oeuvre d'art, dans la nécessité de la conserver dans son existence concrête. La dimension sacrificielle de sa destruction par l'artiste elle-même, ou en tout cas ici au travers d'une performance réglée par elle, à l'instar des actions dadaïstes (les "Objets à détruire" de Man Ray) offre à mon sens bien davantage l'affirmation réitérée de la persistance, de la volonté de "faire exister" une oeuvre, comme positivité absolue, caractérisant en son essence la démarche de l'artiste.

revue de presse .Expostion Rites de Passage Sandrine Elberg

«Rites de passage» s'inspire directement de notre Histoire commune. Dans l'Antiquité, comme chez les peuples premiers, les étapes importantes de la vie — naissance, adolescence, mariage, décès — sont marquées par des cérémonies et des rituels à caractère magique. Les rites funéraires étaient complexes, accompagnant l'envoi des morts vers le monde des esprits. Sous des formes variées, ces processus de ritualisation du temps se retrouvent également dans la manière dont les artistes développent leurs œuvres dans la durée.
 Rites ancestraux ou cérémonials élaborés, ils convoquent les gestes de la naissance, de la croissance et de la mort
 
.Autre rite de passage chez Corine Borgnet: offrir une seconde vie — une résurrection — à une œuvre qui, endommagée lors d'un transport, du être détruite sur injonction de l'assureur. Une mise à mort dont l'artiste avait fait une performance filmée. Cette vidéo est aujourd'hui partie prenante d'une sculpture, cénotaphe de l'œuvre défunte.