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cabinet de curiosites

 



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muter se conjugue au futur
2014
resine , poil,sang
15x10 cm

Mutation oligatoire

 

Un mot surgit d’entre les limbes lorsque l’on évoque le sort hypothétique dévolu à notre ère : celui de mutation. Ce terme chargé d’angoisse est surtout un impératif d’évolution lorsque la fin d’un cycle semble atteinte.

Si les progrès scientifiques prolongent avantageusement jeunesse et espérance de vie, qu’en sera t’il de la capacité future à ne pas succomber aux manipulations génétiques humaines et à son cortège de dérives possible ? Pouvons nous résister à l’envie de nous perfectionner et de substituer notre potentiel génétique à l’expérimental ?

La mutation est à appréhender au sens large. Tant technologiquement que dans sa dimension politique, économique, sociale, écologique, culturelle et psychologique.

On la souhaiterait progressive, sinuant avec douceur dans son espace transitionnel, ce qui est rarement le cas. Notre société de consommation, où l’accession quasi compulsive aux objets, images et informations en tous genre nous conduit à une soif inéluctable d’un objet pour le moins ingérable : l’absolu ! Ceci en témoignage d’un mal être sociétal et individuel rampant, d’une vacuité maintenue persistance malgré des tentatives de gavage perpétuelles.

La mutation n’est même plus souhaitable, en ce contexte de déclin et de crise, elle devient obligatoire !

 

Toute l’œuvre de Corine Borgnet s’incarne dans cette réflexion et frémit de cette tension contradictoire entre enchantement de l’enfance et fantasme dévoré d’angoisse. Le passage complexe à l’âge adulte constitue la mutation décisive et son pivot réflexif majeur. Ses chimères d’objets et autres sculptures, par essence organiques, renouent avec la mythologie des contes et jouent dans cet interstice avec une puissance d’imaginaire redoutable.

 

Anne- Claire Plantey